Etre en Chine et plus particulièrement à Shanghai, c'est avoir sans cesse l’impression d’être dans une ville et un pays dans lesquels beaucoup a déjà été fait et dans lesquels il reste tellement à faire.

C’est d’autant plus vrai qu’être un « laowai » (étranger) à Shanghai, c'est avoir la sensation que tout est possible et accessible à tout moment et à tout point de vue. On ne sent pas de limite si ca n'est le poids des normes sociales que l'on amène avec nous et notre propre timidité. Les chinois s’attendent à tout de notre part et rien de spécifique ne les surprend ou choque vraiment car notre simple existence et couleur de peau accapare déjà toute l’attention d’un bon nombre d’entre eux. Si l'on apprend à dépasser ses propres freins ou blocages, le sentiment de liberté devient total.

Cela demande une ouverture d’esprit et une capacité à s’adapter aux choses nouvelles mais cette liberté permet de vivre l’aventure chinoise de façon plus intense et d’appréhender les différences culturelles en se sentant libéré de ses propres contraintes sociales.

Bien évidemment, il faut quand même savoir conserver et poser des limites. Tout est tellement facile et accessible à Shanghai qu’on peut vite en oublier les objectifs que l’on s’est fixé.

Il résulte de tout celà un sens critique encore plus développé vis-à-vis de son propre pays. C’est en effet assez paradoxal de se sentir plus libre dans un régime non démocratique comme la Chine que dans son propre pays berceau des valeurs du « monde libre ». Cela tend à démontrer que la liberté ne dépend pas uniquement d’un régime politique mais également des valeurs que la société véhicule elle même au quotidien.

En fait, en faisant preuve de plus d'objectivité, ce face à face France/Chine sur le terrain de la liberté trouve très vite ses limites. Tout d’abord parce que l’état de développement de Shanghai n’est pas représentatif de la Chine que ce soit au niveau économique ou au niveau des mentalités. Ensuite, parce que ce qu'on peut vivre et ressentir en tant qu’étranger à Shanghai tient justement à sa qualité de « laowai » et au traitement particulier qui nous est réservé ainsi qu’à notre pouvoir d’achat. Il est évident que les chinois ne jouissent pas dans leur globalité des mêmes privilèges et de la même liberté.

Reste que cette aventure chinoise marquera vraisemblablement la vie de ceux qui l’auront expérimentée à tout jamais. Je ne suis en Chine que depuis 6 mois et déjà tant de choses ont changé dans ma vision de la vie, du monde, des autres et de moi-même. J’ai l’impression d’avoir appris tellement de choses en 6 mois au-delà de la langue et qu’il me reste encore tellement à apprendre sur la chine et ses habitants.